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Richard Cazenave

Membre honoraire du Parlement

jeudi 27 mars 2008

International

À 4 mois des JO de Pékin, une course contre la montre pour la survie du Tibet et la liberté d'un peuple

Les engagements pris par les dirigeants chinois auprès du CIO pour l'organisation des Jeux de Pékin laissaient augurer des progrès en matière de droits de l'Homme. C'est d'ailleurs une des principales motivations - l'encouragement à l'ouverture démocratique de la Chine - de l'attribution des JO de 2008 à la Chine.

Or c'est exactement l'inverse qui s'est produit jusqu'ici : internement massif de "dissidents" sur l'ensemble du territoire, contrôle inégalé de tous les moyens de communication, répression brutale et sanglante au Tibet, menaces à la communauté internationale de s'occuper de ce qui la regarde !

RC et le Dalaï LamaEn ce printemps 2008, on retrouve dans la logorrhée des dirigeants chinois les poncifs les plus éculés et les plus ringards des dictatures marxistes : les responsables des incidents seraient « le Dalaï Lama et sa clique », qui « encouragent et planifient les incidents violents sécessionnistes »... et l'on promet aux moines une « éducation patriotique »...

Quand on sait que le Dalaï Lama est critiqué par les jeunes tibétains parce qu'il se contente de demander un « dialogue avec le gouvernement chinois » pour obtenir le « respect des dispositions de la constitution chinoise sur la réelle autonomie régionale du Tibet », on mesure l'ampleur de l'imposture de la rhétorique du parti communiste chinois, et accessoirement, le peu de cas que ses dirigeants font de leurs engagements à l'égard de la communauté internationale.

Des engagements dont nous sommes en droit (et en devoir) de réclamer le respect.

Boycott ?

La cérémonie d'ouverture des Jeux est prévue pour le 8 août. Nous devons dire qu'à ce jour, les conditions de notre participation pleine et entière à ces Jeux, voire notre participation tout court, ne sont pas réunies.

Il faut que les dirigeants chinois comprennent que le mépris qu'ils affichent rend de plus en plus plausible, chaque jour, un boycott qui pour beaucoup était inenvisageable jusqu'ici ; et qu'en conséquence, nous n'excluons rien, du boycott total au boycott de toutes les cérémonies officielles, en passant par tous les moyens que l'imagination des peuples libres, combinée à la formidable tribune médiatique des JO et du direct des télévisions du monde entier, mettra au service d'une réprobation sans précédent.

Non, agir ainsi n'est pas mélanger sport et politique, c'est simplement ne pas confondre l'olympisme avec les jeux du cirque.
Agir ainsi, c'est tout simplement défendre les principes mêmes de l'olympisme et du droit international.
Agir ainsi, c'est refuser qu'ils soient foulés au pied sous nos yeux. C'est refuser que les engagements pris devant la communauté internationale ne soient que des chiffons de papier.

Oui, la France doit recevoir le Dalaï Lama. Oui, la France doit entraîner ses partenaires européens dans une voie diplomatique audible et crédible.

Et pour ceux qui hésiteraient, qu'ils se posent seulement la question de savoir quel goût auraient des Jeux Olympiques sur fond de répression au Tibet ; et qu'ils réfléchissent aux questions que leurs opinions publiques leur poseraient alors.


Photo : le Dalaï Lama à mes côtés lors d'une visite à l'Assemblée nationale, alors que j'étais Président du groupe d'étude sur le problèmes du Tibet.

mardi 18 mars 2008

Général

Grenoble : zéro pointé de l'UMP38

Ce 16 mars, à Grenoble, l'UMP aura inscrit à son palmarès le plus beau zéro pointé de toute l'histoire politique de la droite républicaine dans la capitale des Alpes.

Ainsi, le clan du toujours président de l'UMP38, après avoir taclé son propre camp pendant des années et en particulier pris une lourde responsabilité dans l'échec in extremis de Max Micoud à la mairie en 2001 (avec 49% des voix), après avoir promis monts et merveilles avec le retour du « grand magicien des urnes », enregistre depuis 2004, avec les régionales et les cantonales en passant par les présidentielles en 2007, une déroute électorale qui va en s'amplifiant.

Avec 29% des voix aux municipales de Grenoble et la perte des 2 cantons détenus jusqu'alors par des sortants UMP (Charles Descours et Max Micoud), le parti du président en Isère aura offert au PS le super grand chelem :

  • la mairie ;
  • les deux sièges de député ;
  • et la totalité des cantons grenoblois !

On espère juste, sans en être tout-à-fait certain, avoir touché le fond ! Et on se demande, avec une certaine angoisse, quel genre de secousse supplémentaire serait nécessaire pour que le président Sarkozy, qui avait personnellement demandé au malheureux (et valeureux) Fabien de Sans Nicolas de se présenter, se décide à régler le problème ?

Car il y a bien un domaine où la magie des urnes fonctionne à plein régime : c'est celui des élections internes du parti en Isère, où, conjuguée à la fuite des adhérents « non alignés » et à l'exclusion des gêneurs (dont votre serviteur), elle garantit la pérennité du pouvoir en place et la poursuite de son règne sur le champ de ruines...

Pour l'heure, la seule certitude que nous avons, c'est que le PS est au pouvoir à Grenoble, dans l'agglo, dans le département et dans la région pour un long moment. Et la seule bonne nouvelle, c'est qu'à Grenoble la liste Destot - recentrée - est élue sans les Verts, ce qui veut dire que le maire de Grenoble dispose d'une majorité pour s'attaquer au sujet majeur pour l'avenir de notre ville : celui de son désenclavement ferroviaire et routier, et des déplacements dans l'agglo.

Sujets sur lesquels un consensus droite gauche est possible, puisque la liste Sans Nicolas a défendu les mêmes projets.

C'est l'objet de l'AG3D : réunir sur ces projets les pouvoirs locaux et nationaux, les sensibilités de droite et de gauche, les forces économiques et sociales pour faire réussir Grenoble. Et ne pas attendre pour cela la Saint Glin-Glin.